L’Electricité d’Haïti faillit à sa mission aux Gonaïves



Vue de la Centrale
La centrale électrique Simon Bolivar des Gonaïves est craquée par les extensions imprévues. Depuis plusieurs mois, les foyers et les entreprises banchés sur les quatre circuits du réseau sont alimentés par rationnement. Il est complètement impossible de satisfaire la demande de la population. Ce problème récurrent ralentit le cours des activités économiques et fait l'affaire des chevaliers de nuit. 

Des 13,6 mégawatts (MW) de la capacité de production de la centrale, 12 MW sont utilisés pour alimenter la ville et plusieurs autres communes de la région artibonitienne. Avant l’extension du réseau, Gonaïves bénéficiait de l’électricité 24/24. Depuis un certain temps, la demande locale a augmenté. « Présentement, la cité - à elle seule - nécessite plus de 25 MW de courant », a informé le directeur de la centrale, l’ingénieur Eyeris Cespedes. Il travaille pour le compte de la compagnie qui gère le réseau, Electricidad de Santo Domingo (ESD). La centrale renferme huit moteurs. Ils ne fonctionnent pas trop bien. Des travaux de maintenance se réalisent actuellement au niveau de ces engins. Selon M. Cespedes, chaque moteur nécessite quinze jours de travail. « La réhabilitation du réseau prendra en moyenne trois à quatre mois », a-t-il renchéri. 

Cette réhabilitation ne rétablira pas le « courant 24h/24 » que réclament les Gonaïviens à travers les manifestations de rue ou dans les émissions de libre tribune. Néanmoins, M. Rély Jean-Philippe, directeur régional de l’Electricité d’Haïti (EDH), croit que ces travaux pourront permettre à la ville de bénéficier de 15 heures de courant par jour. Même dans les heures où la demande est relativement faible la tâche s’avèrera difficile, a expliqué le technicien Jules Jean Gracia. « L’ensemble des quatre circuits totalise 15,1 MW [circuit 1 : 3,5 ; 2 : 4,5 ; 3 :5,6 et 4 : 1,5]. Des mesures sérieuses doivent être prises pour protéger la centrale », a-t-il alerté. 

Parallèlement, M. Jean-Philippe a critiqué les abonnés qui refusent de payer leur bordereau. D’après lui, seulement 20% des bénéficiaires règlent régulièrement leurs dettes. Cela est un « manque à gagner » pour la direction commerciale. « L’Etat dépense 60 millions de gourdes par mois pour alimenter la centrale en carburant. Tandis que les citoyens n’acceptent pas de s’acquitter de leurs obligations », s’est indigné le directeur. Il demande à la population de soutenir les efforts de l’EDH pour un meilleur rendement.

Même électrifiée, la ville des Gonaïves n’est pas éclairée. Très peu de lampes sont installées dans les rues. Le rationnement complique la situation. Des individus mal-intentionnés et des bandits en profitent pour dérober des passants et faire irruption dans certaines maisons et petites entreprises. 

JC/Le Nouvelliste